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  • "Ceci est mon corps"

    Jean-Rémi Lapaire

    • 17 Apr 2013 10:55:16
    • jean-Rémi Lapaire
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    « On dirait que notre science occidentale a peur de la vie. Quand il s’agit d’étudier l’homme et son expression, ce n’est pas aux gestes vivants de l’homme qu’elle s’intéresse, mais aux résidus morts de ces gestes (…) Il nous faut étudier le vivant en tant que vivant, et à l’étude trop exclusive du livre mort, ajouter une étude approfondie du geste vivant, expressif et rythmique. » (Marcel Jousse, 2008 [1955] : 34-35) Le symbolisme langagier est par essence phono-gestuel : toute énonciation orale est co-articulée vocalement et gestuellement (ce dernier terme recouvrant la gestualité manuelle proprement dite, mais aussi les mimiques faciales, la posture et le port de tête). La « multicanalité » est donc une réalité constitutive de la communication langagière (Birdwhistell 1970, Calbris 1989, 2011), qui doit pousser le linguiste, et avec lui le didacticien, à intégrer les mimiques facio-gestuelles à toute sémiologie de la langue orale, qu’on adopte une approche cognitive (identifier les concepts et opérations de pensée que les signes gestuels permettent de représenter) ou une approche pragmatique (établir ce que les signes gestuels permettent d’accomplir discursivement et socialement). Paradoxalement, les futurs enseignants de langues ne sont pas formés à observer et à analyser la gestuelle conversationnelle spontanée, encore moins à exploiter celle-ci pédagogiquement. Or ils se privent là d’une interface précieuse entre le monde intérieur des représentations intimes et le monde extérieur de leur expression publique. Car l’activité gestuelle est à la fois très concrète, très « physique » - je sens mon corps, je bouge mon corps, j’enregistre l’activité des autres corps- et abstraite, « psychique »- je produis et interprète des signes, je donne à voir l’invisible de ma pensée en action (McNeill 1992, 2005). Il y a dans ces postures et ces jeux de mains (en particulier), une spectacularité inconsciente, une mise en scène de la pensée, un ensemble d’actes dramatiques qui muent l’espace gestuel en espace scénique, un espace où se déploie l’énergie du « rythmo-mimisme » gestuel (Jousse 2008 [1955]) et où se jouent des actes vivants de signification (Kendon 2004). Nous présentons ici les résultats d’une expérience réalisée avec une trentaine d’étudiants anglicistes en master recherche et enseignement, visant à développer une prise de conscience de la forme et du fonctionnement de la gestualité co-verbale, au travers d’un projet artistique : la préparation, la réalisation et la présentation d’une hand dance filmée d’une minute, à partir de 6 mouvements spontanés, préalablement repérés dans un corpus visuel et soumis à diverses variations. L’adoption d’un format faisant explicitement référence au dance film tourné en 1996 par le chorégraphe britannique Jonathan Burrows pour la BBC, la nécessité d’observer et de travailler en mode dynamique la gestualité co-verbale, la prise en charge de plusieurs rôles (chercheur, réalisateur, chorégraphe, interprète) interpellent le futur professeur et le conduisent à réagir. Une enquête, couvrant l’avant, le pendant et l’après du tournage, permet d’évaluer la réception du dispositif. Jean-Rémi Lapaire, Université de Bordeaux 3

    formation en langues, théâtre, pratiques théâtrales, pratiques théâtrales en classe de langue, pédagogie actionnelle et pratiques théâtrales.

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